Le projet est né d’un voyage en Ardèche dans un lieu particulièrement gorgé en énergie qui nous a happé. Le soudain contraste entre le “brouhaha” des villes d’où nous provenons et la montagne calme, a paralysé le temps et fait surgir ces interrogations : qui sommes nous ici et que sommes nous devenus ?
C’est ce constat de départ qui nous a amené à explorer trois décors, trois sensations, trois couleurs :
La salle, un espace anthropique où un mouvement répétitif continuel s’articule, la fenêtre d’une vie citadine,
la forêt sombre, une gestuelle ronde, organique, voluptueuse, lente habite l’espace,
le cristallin, conclusion du voyage, proposition chorégraphique amorphe, discontinue, chaotique, dévisagée par la présence de masques.
De cette exploitation est née la mise en mouvement de ces corps en mutation. Notre volonté était de traduire cet état transitoire sur scène et de l’étirer jusqu’à sa forme minérale finale. L’apparition de masques minéraux dans le dernier acte de la pièce permet aux danseurs de rompre avec toute forme d’incarnation sociale et de n’être plus que roche.